vendredi 27 septembre 2013

De la mue de ce blog et de la migration de Digital Lugdunum

Comme je l'ai indiqué au début du billet précédent, c'est la reprise. N'ayant rien publié depuis près de deux ans, je me suis dit qu'il était temps de faire un peu de ménage dans mon activité de bloggeur. Deux nouveautés, donc :

La première est anecdotique : j'ai revu la mise en page, un peu plus adaptée aux résolutions d'écran modernes, et les couleurs, plus adaptées à mes goûts. 

La seconde est plus importante. J'ai décidé de fusionner mes deux blogs historiques. Digital Lugdunum, projet de plateforme d'histoire numérique lyonnaise, n'a en effet jamais décollé. J'en ai été le seul auteur, à part un article d'un de mes anciens professeurs, l'excellentissime Jacques Prevosto. En outre, si la création de ce blog me semblait nécessaire en 2010, à un moment où l'histoire numérique n'existait pour ainsi dire pas à Lyon, la naissance à l'ENS de Lyon du projet NHumérisme, auquel je devrais prendre part dans les prochains mois, rend cette nécessité moins impérieuse. Ce labo junior créé par des doctorants ne couvre certes pas l'ensemble des objectifs de DL, notamment en ce qui concerne la vulgarisation, mais il possède l'immense qualité de disposer des moyens à la fois économiques et humains de son ambition, qui a elle-même le mérite d'être très élevée. J'ai donc pris la décision de faire migrer vers ce blog tous les articles de Digital Lugdunum, regroupés sous ce libellé. Le blog originel restera cependant en ligne, arrêté au 5 octobre 2011. 

Une nouvelle ère commence donc, ce blog "personnel" s'ouvrant désormais à d'autres sphères que la seule histoire numérique, d'où son nouveau sous-titre : Histoire lyonnaise, histoire numérique, histoire tout court

En attendant, bon week-end et à bientôt pour de nouvelles aventures historiennes !

jeudi 26 septembre 2013

Mais qui est François Huguenin ?

Après quelques mois d'inactivité pour cause d'agrégation (je vais bien, merci, même très bien), je reprends ma plume et mon clavier en douceur. Depuis quelques jours, je cherchais le sujet d'un prochain billet, un sujet digne d'un billet de reprise. Et puis ce matin, dans un train entre Lyon et Grenoble, mon stylo a sauté dans ma main. Révolté par la lecture de l'Histoire intellectuelle des droites de François Huguenin, je n'ai pas pu m'empêcher d'écrire, et ce soir de publier, qui plus est avec un titre provocateur, ledit François étant bien plus connu que moi. Et tant pis si cet article de reprise n'a rien à voir avec la les Humanités Numériques. Ce que j'ai écrit ce matin, je veux qu'on le lise, même un peu. Et j'assume totalement mon opinion, même si l'on pourra facilement m'accuser de lecture partielle, sinon partiale. 


Septembre 2013. Après deux ans passés à la préparation du Capes et de l'Agrégation d'histoire, je prends mon premier poste dans un lycée isérois et je commence à débroussailler le chemin menant à une éventuelle thèse par quelques lectures. De passage à la F***, célèbre chaîne de librairies dont je tairai le nom pour ne pas nuire au petit commerce, je tombe sur une Histoire intellectuelle des droites (F. Huguenin, Perrin, 2013) que je ne connais pas. Un premier feuilletage rapide m'apprend qu'il s'agit d'une réédition augmentée du Conservatisme impossible, d'un certain François Huguenin, "diplômé de Sciences Po", paru en 2006. Aurais-je raté, durant mes années de Master, un ouvrage essentiel ? Je me déleste donc de la somme - rondelette pour un livre de poche - de 11 euros, et je décide que cet ouvrage, dont l'auteur se présente comme un "historien" (il est aussi présenté ainsi notamment sur le site de France Inter), m'accompagnera pour les prochains jours, manière comme une autre d'égayer mes 2 fois 50 min. de TER quotidiennes. 

"Absence de liberté d'esprit"


Quelle n'est pas ma surprise lorsque, dès la première page, le supposé historien présente son livre comme un outil pour l'actuelle opposition parlementaire, "une réflexion sans laquelle une future majorité risque de produire autant de déception et de frustration que l'actuelle" (p. 9) (Je mets en gras les mots qui me semblent en contradiction avec l'impartialité qui sied à l'historien, et j'ai bien peur de devoir appuyer souvent sur Ctrl+B dans les lignes qui vont suivre).

Dès lors, tout s'enchaîne : pèle-mêle, le prologue de l'ouvrage fait état de "l'effondrement intellectuel de la gauche" (p. 10), regrette que le FN ait pour stratégie de "ne jamais accéder au pouvoir" (à l'opposé du stimulant petit ouvrage publié ce mois par le sociologue Michel Wieviorka et intitulé Le Front National), dénonce "l'ostracisme" qui frappe selon lui la pensée réactionnaire, et tout particulièrement Maurras, signe d'une "absence de liberté d'esprit" des "élites intellectuelles". 

Huguenin ou Maillot ?


Huguenin, qui est aussi, bien que sous un autre nom (le vrai, François Maillot), directeur de la célèbre librairie catholique parisienne La Procure, affiche donc la couleur dès les premières pages. Ces droites à propos desquelles il écrit, qu'elles soirent libérales ou réactionnaires, il les soutient et conçoit son livre comme un outil de renouveau intellectuel à son service. Notons au passage que, dans ce prologue très idéologique, l'auteur ose tout de même une incursion dans l'historiographie, citant Les Droites en France de René Rémond pour s'en démarquer aussitôt, avec des arguments assez peu convaincants. L'ancien élève de Sciences Po accuse le maître de "se fourvoyer" en plaçant "sous les mêmes auspices du bonapartisme les tentations fascistes des années trente, le gaullisme et le lepénisme"(p. 15), ce qui est loin de constituer l'essence du propos de René Rémond, qui a lui-même reconnu les limites de sa théorie, formulée, faut-il le rappeler, à l'aube des années 1950, à une époque où le gaullisme politique était encore bien jeune. François Huguenin, lui "sachant" (c'est lui qui le dit, on ne sait de quelle inspiration divine il le tient) "qu'il n'en existe pas d'autre", se propose d'étudier les deux tendances qui, à ses yeux résument la droite française depuis 1789, la réaction et le libéralisme. 

On entre donc dans le vif du sujet, et par la grande porte s'il vous plait : un récit en bonne et due forme de la séparation entre "droite" et "gauche" de l'hémicycle en septembre 1789, autour de la question du veto royal. Aussitôt, Huguenin retombe cependant dans ses travers idéologisants. Page 21, la troisième du "corps" de l'ouvrage, il dresse un portrait très flatteur de la Révolution à laquelle s'oppose la première droite, dont iol ne retient que "[les] horreurs de la Terreur, [les] mascarades de procès, [...] la délation généralisée, [...] l'exécution systématique des ennemis politiques, [les] massacres scientifiquement organisés de pans entiers de la population - noyades de Nantes ou génocide vendéen".

Génocide vendéen


GENOCIDE VENDEEN ?!? N'en jetez plus, la coupe est pleine. Voila que notre Huguenin-Maillot (on se demande si le choix d'un pseudonyme 'est pas destiné à rendre moins suspect de partialité François l'historien, débarrassé du lien avec le libraire catho parisien et ancien éditeur), chouan dans l'âme, fait sienne les théories fumeuses instrumentalisées par la vieille droite catholique en déclin, et tente de les faire passer pour une vérité historique admise, les plaçant innocemment en fin d'une liste commencée par une évocation de la Terreur et où le "génocide" n’apparaît que comme un exemple allant de soi. Il est vrai que l'auteur ne cache pas sa sympathie pour la pensée maurrassienne et regrettait déjà dans les premières pages que l'UMP n'ait pas su poursuivre le mouvement de "renaissance réactionnaire" (cette expression-la est de moi) incarné par la "Manif' pour tous". 

Pour moi, c'en est trop. J'abandonne au moins pour un temps ma lecture p. 21, après seulement 10 pages dont 7 d'un "prologue" qui suffisait à jeter le discrédit sur un ouvrage qui ne relève décidément pas d'une démarche historique impartiale. Qu'on ne me jette pas la pierre, j'ai seulement commis l'erreur de vouloir voir derrière le titre d'Histoire intellectuelle des droites un livre d'histoire. Mais historien, François Huguenin ne l'est visiblement pas, en tout cas pas au sens noble du terme, lui qui préfère instrumentaliser une lecture partielle de l'histoire à des fins politiques. Je me contenterai seulement de proposer un nouveau titre, qui ne diffère de l'actuel que par deux lettres : Histoire intellectuelle de droite. Sur ce, je vais lire quelque chose de plus sérieux. 

mercredi 5 octobre 2011

Googling Lyon #4 (bonus) : les Archives du Rhône en ligne, par Yann Sambuis

Après une longue période de sommeil, les Archives départementales du Rhône (ADR pour les intimes) m’ont poussé à me remettre au travail (en fait, je travaille beaucoup, c’est même pour ça que les deux blogs, yannsambuis et Digital Lugdunum, sont en sommeil) en mettant en ligne, il y a quelques temps déjà, le site qu’on nous promettait depuis longtemps. Site que je me suis empressé de tester pour vous…

Une première impression agréable

On le voit immédiatement, les ADR ne se sont pas moquées de nous. La page d’accueil est très agréable. Les couleurs n’agressent pas l’œil, l’ensemble est lumineux et aéré. Certes, nous ne sommes pas là pour décerner un prix d’esthétique, mais pour un site où l’on risque de passer de longues heures de recherche, ça compte. Un seul choix peut étonner, celui du nuage de termes qui apparait en haut de la page et occupe une large place. On ne sait pas selon quel critère sont classées les rubriques (nombre de clics, abondance des fonds numérisés, taille aléatoire ?) et le choix de la disposition en nuage à pour conséquence de mettre en avant certaines catégories au détriment des autres.  Mais la première impression est globalement très bonne et donne envie de pousser plus loin.

Une navigation fluide et (presque toujours) bien pensée

Plusieurs manières de naviguer sur le site sont possibles. Elles correspondent chacune à un type d’usage et d’utilisateur, permettant à tous (historiens, généalogistes, amateurs…) de trouver leur bonheur. La page est en gros découpée en trois « blocs » : les outils d’accès aux fonds, les outils de recherche thématique et les menus de haut et bas de page, qui réservent des surprises agréables.

Naviguer dans les fonds
Le premier outil de navigation est un gros bloc gris clair, placé juste sous le nom du site, qui permet de naviguer directement dans les fonds. Les « Archives numérisées », sur lesquelles nous reviendrons, sont accessibles soit par le biais du nuage de rubriques, soit par un menu déroulant. Chaque rubrique offre un outil de recherche qui lui est propre (par année, par ville, par nom de personne, etc., selon le type de document). La rubrique « Toutes les archives » permet d’effectuer une recherche par sujet, lieu, personne, date ou cote. Concernant ce premier outil de navigation, on note un défaut : on ne peut pas utiliser le bouton « page précédente » du navigateur, et on est donc obligé d’utiliser le bouton « Retour », qui renvoie vers la page d’accueil. Ce petit problème n’est pas rédhibitoire, mais il oblige à prendre des précautions…

Penchons-nous maintenant de plus près sur les archives numérisées elles-mêmes, contenu le plus à même d’intéresser les historiens 2.0 que nous sommes. Bien sûr, les fonds accessibles sont encore limités. J’ai eu l’occasion de visiter la salle où les documents sont numérisés, c’est un travail de longue haleine…
Les documents disponibles sont néanmoins bien présentés. Chaque fond est accompagné d’une courte note descriptive, et le bouton « + d’infos » permet notamment de voir le document dans son contexte (place dans le dossier…) et d’obtenir sa cote. On peut en outre trier les résultats de recherche par date, type ou pertinence.
Enfin, l’outil de visualisation des documents est satisfaisant. On peut manipuler les documents, zoomer (la définition est bonne), feuilleter un dossier… Il ne manque que la possibilité de télécharger les images, mais une solution de rechange a été trouvée, nous y reviendrons. Pas d’océrisation, bien sûr. C’est regrettable mais, la plupart des documents étant manuscrits, le chantier aurait été colossal.
Bref, malgré le peu de documents disponibles pour le moment, l’outil d’accès aux fonds numérisés est très prometteur, une sorte d’évolution de celui des Archives municipales de Lyon.

Des outils accessibles à tous
En-dessous du premier bloc, on en trouve un second, lui aussi très facilement repérable et intitulé « Vous recherchez ». Il propose quatre entrées illustrées par des icônes : « une personne », « un lieu », « un thème » et « une période ». Ces quatre catégories sont très différentes et nous allons donc les traiter séparément…
« Une personne » et « un lieu » proposent des conseils de recherche pour la biographie, la généalogie, ou encore la recherche d’informations sur un bâtiment. Ces rubriques sont de véritables mines d’or. Les conseils, destinés à l’amateur, sont judicieux et de multiples liens en surbrillance permettent d’accéder aux fonds ou à des outils de recherche.
« Un thème » conduit à une page qui recense différentes thématiques. Cliquer sur l’une d’entre elles permet d’accéder à un arbre de sous-rubriques qui permet d’affiner la recherche par étapes successives jusqu’à la liste des fonds à consulter sur un point précis. L’arborescence est bien conçue, très ergonomique, avec la possibilité de revenir en arrière. On regrettera seulement que le premier menu de 13 thèmes reste apparent, ce qui peut être encombrant sur un petit écran.
Enfin, « une période » permet d’accéder à ce qui est, pour moi, l’une des plus belles ressources du site : une frise chronologique interactive. En cliquant sur l’une des 5 périodes proposées, on peut « zoomer » sur la frise pour voir s’afficher quelques dates clefs. On accède en outre, en-dessous de la frise, à une arborescence de thèmes similaire à celle de l’outil « un thème » pour chaque période. C’est pour moi l’outil de navigation le plus ergonomique et le plus sympathique, celui qui utilise le mieux les possibilités du web.
Dans l’ensemble, ces quatre outils très bien conçus, s’ils sont plus destinés à l’amateur qu’à l’historien professionnel, qui préférera naviguer directement dans les fonds, sont pour moi le principal atout du site.

Les trésors cachés du pied de page
Dernier « bloc », le haut et le bas de la page… Le bas reprend en fait une sorte de plan du site. Le « Plan des recherches » correspond aux outils traités plus haut. Les « Infos pratiques » reprennent le tout petit menu déroulant situé en haut à droite de la page, et qu’on voit à peine à coté de l’outil d’accès aux fonds et d’un diaporama à fonction purement décorative. Ce menu renferme le dernier « trésor » du site : aux cotés des informations classiques (coordonnées, plan d’accès, agenda…), il propose une rubrique « Outils de recherche ». Cliquer permet d’accéder à une page aux contenus hétéroclites classés en trois onglets. Le premier permet de télécharger les fascicules « Clés de la recherche » disponibles au format papier aux archives. Le second, « Listes et cartes », permet d’accéder à des documents aussi divers qu’utiles, de la liste des archivistes du Rhône à la carte des sections cadastrales de Vaise. Encore une véritable mine d’or qui souffre de ne pas être plus mise en avant sur la page d’accueil. Le troisième et dernier onglet, « Références », est comme son nom l’indique une liste de références bibliographiques assez anciennes (XIXe siècle surtout) avec pour chacune d’elle un lien vers Gallica permettant de consulter gratuitement l’ouvrage en ligne. Une très bonne idée.
Enfin, le pied de page propose des liens vers les pages des ADR sur Twitter et Flickr et un flux RSS. De quoi ravir les adeptes de la digital history, d’autant que l’activité semble assez intense sur le compte Twitter. Encore une très bonne idée et un signe de la volonté des ADR d’entrer de plain-pied dans l’ère du numérique.

Le compte personnel : la bonne idée des ADR
Nous terminerons ce test en rendant hommage aux ADR pour une très bonne idée : la possibilité de créer un compte personnel. En quelques clics, le visiteur peut accéder à un espace personnel qui lui permet de garder en mémoire les recherches effectuées et les documents consultés en les plaçant dans son panier, à la manière des sites de vente en ligne. L’outil est rudimentaire (on ne peut pas classer les documents sélectionnés) mais très pratique, et il permet notamment de partager sa sélection en copiant un lien. Comme on ne peut pas naviguer dans une recherche avec son navigateur internet et qu’il est donc impossible d’enregistrer un résultat dans ses favoris, on a là l’outil indispensable pour sauvegarder ses résultats.

Quelques mots pour conclure
Longtemps attendu, le site des ADR tient ses promesses. Malgré un coté un peu « fouillis » au départ, il est très bien conçu et offre de belles perspectives d’avenir lorsque le fond numérisé s’étoffera.

Les +
La frise chronologique de la rubrique « une période ».
Les « outils de recherche ».
Les conseils de recherche des rubriques « une personne » et « un lieu ».
Maniabilité des documents numérisés.
Twitter/Flickr/RSS

Les –
« Outils de recherche » pas assez visibles sur la page d’accueil.
Pas d’océrisation, mais était-ce possible ?

mardi 3 mai 2011

Persée en péril

Signez la pétition en suivant le lien ci-après : http://9491.lapetition.be/

PERSÉE EN PÉRIL / PERSÉE IN DANGER (English translation below)

PERSÉE – le programme national de numérisation, de traitement documentaire, de diffusion et de valorisation scientifique – est aujourd'hui menacé par une décision de la direction de l'université Lumière Lyon 2.

Sans concertation préalable (personnels et direction de PERSÉE non sollicités, comité de suivi de PERSÉE, ministère de tutelle, organes institutionnels de l'Université (CTP, CS, CA) non avertis), la direction de Lyon 2 a décidé le 7 février 2011 de mettre fin à la convention-cadre soutenant l'existence du programme. Cette décision prend effet le 10 mai 2011.

L'ensemble des personnels du programme PERSÉE ne comprend pas la précipitation de la direction de Lyon 2. Aucune information n’a précédé cette décision. Aucune discussion n’est proposée par la direction de l’université. Aucune solution ne garantit la continuité des activités du programme et la préservation de l'équipe PERSÉE en raison du trop court calendrier imposé par Lyon 2.

Nous ne savons pas ce qu’il adviendra de PERSÉE au-delà du 10 mai 2011.


QUELLES SERONT LES CONSÉQUENCES ?

• La fermeture du portail www.persee.fr et la disparition d’un outil utilisé par des millions de chercheurs et d’étudiants.

• Un formidable gâchis d’argent public : le ministère - avec Lyon 2 - a initié le programme PERSÉE et le finance depuis 8 ans. Ce soutien a permis de constituer un fort capital technique et de développer des savoir-faire spécifiques.

• L’éclatement de l’équipe PERSÉE et la dispersion de compétences vitales pour le programme. Les vacataires et les contractuels (85% de l'effectif) sont les premiers touchés. La direction de l’université Lyon 2 a d’ores et déjà refusé de renouveler les contrats de vacations au-delà du 10 mai 2011.


QU'EST CE QUE PERSÉE ?

• PERSÉE est un programme du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche qui numérise, archive, valorise et diffuse gratuitement des millions de pages d'articles et de monographies à haute valeur scientifique.

• PERSÉE c’est une des plus grandes bibliothèques numériques scientifiques francophones avec plus de 350 000 documents scientifiques en texte intégral, en ligne, en accès gratuit.

• PERSÉE c'est un outil de valorisation internationale du patrimoine scientifique au service de la communauté académique, depuis 2005.

• PERSÉE c'est 3,6 millions de documents téléchargés et 19,5 millions de consultations en 2010, au niveau national et international.

• PERSÉE c’est 125 conventions avec des éditeurs scientifiques et des partenariats avec des universités françaises et étrangères (La Sorbonne, Louvain etc.), et des instituts de recherche (Maison de l'Orient et de la Méditerranée, les cinq Écoles Françaises à l’étranger, les IFRE, M.I.T. etc.).

• PERSÉE c'est une technologie solide et reconnue, développée en open source.

• PERSÉE c'est aussi une équipe de 21 BIATOS qualifiés qui travaillent à rendre des centaines de milliers de documents accessibles et gratuits pour tous.

Dans son rapport d’évaluation du 28/12/2010, l'AERES (Agence d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur) souligne que « PERSÉE est un exemple parfaitement réussi de rassemblement d’un corpus documentaire permettant le développement de services à haute valeur (...). Que l’on envisage le portail sous l’angle des options technologiques, de la structuration de l’information et des outils de consultation conçus des choix innovants qui fondent sa reconnaissance dans le paysage complexe de l’édition scientifique numérisée. » L'AERES souligne également « la façon exemplaire dont a été conduit le projet [PERSÉE] avec des moyens relativement modestes. »

PERSÉE est une réussite scientifique, documentaire et technologique.

Et pourtant, la direction de l’université Lumière Lyon 2 prend le risque de détruire cette initiative.

SOUTENEZ PERSÉE !

Nous demandons du TEMPS pour organiser, dans de bonnes conditions pour les partenaires de PERSÉE et dans le respect des personnels, le désengagement de Lyon 2 et le transfert à une autre structure publique.

• Nous appelons les utilisateurs de PERSÉE, chercheurs, enseignants, étudiants, citoyens, documentalistes et bibliothécaires à nous apporter leur soutien.

• Localement et nationalement, nous appelons les syndicats à soutenir les personnels vacataires, contractuels et titulaires de PERSÉE.

Signez la pétition sur http://9491.lapetition.be/ !

Faites part de vos commentaires !
http://twitter.com/PerseeFr
http://www.facebook.com/persee.fr
http://portailpersee.wordpress.com

Les personnels BIATOS titulaires, contractuels mensualisés et vacataires solidairement.

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PERSÉE IN DANGER

PERSÉE – the leading program for digitizing and distributing french-speaking scientific content – is today threatened on account of a decision taken by the University of Lyon 2 - Lumière

Without prior consultation with Persée's staff, director and partners, the board of the Lyon 2 University has decided, on February 7th 2011, to terminate the agreement supporting the program. This decision will take effect on May 10th 2011.

The Persée team does not understand the rush demonstrated by the administration. No information came before this decision. No discussion was organized. No solution ensuring the continuity of the program was planned, whereas the schedule imposed by Lyon 2 is unsustainable.

We do not know what will become of PERSÉE after May 10th 2011

What consequences ?

• The PERSÉE portal www.persee.fr will be shut down, causing the disappearance of a major scientific tool used by millions of people worlwide.

• A tremendous waste of public fundings, considering that the French Ministry for Education and Research - with the support of the Lyon II University - has been financing PERSÉE for eight years.

• The dismantlement of PERSÉE’s team and the loss of specific technical skills

What is PERSÉE?

• PERSÉE is supported by the French Ministry for Higher Education and Research which digitizes, stores, promotes and distributes millions of pages from articles and monographs of the highest scientific value.

• PERSÉE is the largest digital scientific library of French-speaking content with over 350 000 scientific papers in full text. Its core values are open & free access, free availability of the contents and Creative Commons licensing policy.

• PERSÉE is a tool helping the academic community promote the french-speaking scientific patrimony worldwide since 2005.

• PERSÉE has disseminated 3.6 millions documents, and received 20 millions visits in 2010.

• PERSÉE is bound by 125 agreements with scientific editors, publishers and numerous partnerships with French or foreign universities (La Sorbonne, Louvain etc.), and research institutes (Maison de l'Orient et de la Méditerranée, the five Écoles Françaises à l’étranger, the IFRE, M.I.T. etc.).
• PERSÉE is built upon a set of robust and recognized technologies, developed in open source.

• PERSÉE also relies on a team of 21 highly skilled professionals working to make hundreds of thousands of documents available for free.

In its evaluation report, dated December 28th 2010, the AERES (Evaluation Agency for Research and Higher education) pointed out that PERSÉE “is a perfectly sucessfull exemple of a tool aimed at gathering a documentary database that insures the development of very valuable services (...) Whether one considers the portal in terms of its technological options or its ability to structure information and to offer an easy tool for online reading, PERSÉE stands out thanks to the innovative choices upon which its recognition in the complex landscape of the scientific digital publishing field has been founded”. The AERES also stresses " the exemplary manner in which the project [PERSÉE] was conducted with rather modest fundings. "


PERSÉE is a scientific, documentary, and a technological success

Yet, the board of administration of the University of Lyon 2 is willing to take the risk of destroying it.


Show your support to PERSÉE !

We are asking for additional time to be able to organize, in a proper manner that will neither be prejudicial to the partners of PERSÉE nor to its staff, the withdrawal of Lyon 2 and the transfer of the program to another institution

We urge all users of PERSÉE to show their support

Please sign the petition on http://9491.lapetition.be/

You may reach us here :
http://twitter.com/PerseeFr
http://www.facebook.com/persee.fr
http://portailpersee.wordpress.com/


The Persée Team

Signez la pétition en suivant le lien ci-après : http://9491.lapetition.be/

jeudi 28 avril 2011

A propos du Congrès international des sciences historiques de l'été dernier : un bilan tardif

Je passe mon temps, depuis la création de ce blog et de Digital Lugdunum (qui marche au ralenti ces derniers temps, rédaction de mon mémoire oblige), à dire et redire qu'il est du devoir des historiens de mettre en ligne leurs travaux afin que chacun puisse y accéder librement. A mon tour de le faire. 

J'ai dû rédiger, dans le cadre de mes cours à Lyon 2, un bilan du CISH d'Amsterdam. Les plus passionnés d'entre vous savent en effet sans doute que s'est déroulé cet été le 21e Congrès international des sciences historiques. Les plus passionnés, et eux seuls, car le moins qu'on puisse dire, c'est que ledit congrès n'a pas soulevé chez les historiens français un enthousiasme démesuré. A part quelques historiens parisiens proches de l'IEP et réunis autour de JF Sirinelli, seul Roger Chartier semble s'y être intéressé. C'est bien dommage, car le CISH n'a lieu que tous les 5 ans, et l'occasion de dresser le bilan de l'historiographie française et de rencontrer des historiens d'autres horizons ne se représentera qu'en 2015.

Comme mes réflexions ne me semblaient pas trop stupides, j'ai décidé de les publier en ligne. J'aurais pû le faire plus tôt, mais j'attendais que mon professeur me confirme que je ne disais pas complètement n'importe quoi... Bref, ça vaut ce que ça vaut, c'est une réflexion personnelle qui n'engage que moi, et c'est disponible sur Google Documents ICI.

Sur ce, bonne lecture et à bientôt.

Ah oui, si jamais ça ne marche pas, je colle le lien complet :
https://docs.google.com/document/d/1ezOvTXn-4fEI5r1Ic7VlOs_h_rY_bSrDfvtqgaxXqwY/edit?hl=en